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Enfants d’une culture tierce; Grandir à l’étranger offre des avantages

Beaucoup de parents qui souhaitent poursuivre une mission de carrière internationale ou une opportunité de formation, peuvent avoir le sentiment qu’ils ne peuvent pas ou ne doivent pas le faire parce que le déplacement à l’étranger pourrait nuire à leurs enfants. Cependant, une étude semble indiquer que ces craintes ne sont pas fondées. En fait, une exposition internationale à un jeune âge semble avoir un impact durable qui forme de manière positive les enfants et les adultes.

Emily Doherty, 23 ans, est née et a vécu aux États-Unis jusqu’à l’âge de 11 ans, date à laquelle sa famille a déménagé dans une banlieue de Londres. Doherty se souvient de toute l’excitation quand sa famille se préparait à partir. “Même si c’était difficile de ne connaître personne au début, et je sais que je suis passée par un choc culturel, du point de vue d’un enfant, j’étais impatiente de voir toutes les choses nouvelles et excitantes” expliquait-elle.

Quand les gens demande à Dave Peters, 29 ans, étudiant licencié à l’université de Chicago d’où il arrive, il demande s’ils veulent la version longue ou la version courte. Peters a souvent déménagé quand il était enfant, et ce, en raison de la profession de ses parents qui travaillaient dans un service diplomatique. Né au Paraguay, à 18 ans il avait déjà vécu au Vietnam, en Thaïlande, au Pakistan et en Virginie. Il nomme la Virginie “son pays” puisque c’était la maison familiale de base au début et à la fin de leurs nombreuses mutations internationales.

Bien que les expériences de leur enfance soient très différentes, Doherty et Peters partagent la même conviction, à savoir que vivre à l’étranger leur a apporté une expérience positive qui continue à influencer leur vie d’adulte.

Les enfants comme Peters et Doherty sont parfois désignés comme les “Third Culture Kids” (TCK), un terme inventé par le Dr. Ruth Hill Useem, professeur émérite à l’université du  Michigan, Institut d’études Internationales, et chercheur pionnier effectuant des études sur les enfants en itinérance internationale. Le terme TCK laisse entendre que les enfants qui passent une partie de leur enfance en dehors de leur propre pays, appartiennent à une culture “tierce” distincte de celle de leur domicile ou de leur pays d’accueil. En revanche, une culture de TCK est un amalgame de nombreuses expériences uniques.

Les résultats d’une grande étude américaine sur les TCK adultes, menée au début des années 1990 par Useem et d’autres, soutiennent la conviction de Doherty et de Peters sur les avantages de grandir à l’étranger dans différents pays et cultures.

L’un des domaines les plus remarquables où les TCK adultes diffèrent considérablement de leurs pairs qui n’ont pas vécu à l’étranger, est leur niveau d’éducation. Selon l’étude, qui a tiré des conclusions basées sur les commentaires de 696 personnes interrogées, les personnes ayant passé au moins un an de leur enfance en dehors de leur pays passeport ont quatre fois plus de chance d’obtenir un baccalauréat. Sur les 81 pour cent de TCK ayant obtenu leur baccalauréat, la moitié ont réussi leur troisième cycle universitaire. Les personnes interrogées affirment devoir leurs réussites universitaires à la haute qualité des écoles à l’étranger et à leurs parents qui ont un haut niveau d’éducation.

Une mobilité internationale des enfants a également une influence dans le choix de leurs études. Un quart des personnes interrogées se sont spécialisées dans des domaines à portée internationale, tels que les langues étrangères ou les relations internationales. Un certain nombre a également choisi de se spécialiser en fonction des éventuelles possibilités pour l’avenir de travailler à l’étranger, souvent comme éducateurs, hommes d’affaires ou professionnels du développement. Plus d’un quart ont suivi cet intérêt en étudiant à l’étranger avant le diplôme.

Lorsque Doherty a eu son bac au lycée, elle est restée en Angleterre pour l’université, alors que ses parents pensaient retourner aux États-Unis. Elle est allée à Richmond, un institut privé des Lettres et Sciences humaines basé sur le système américain. Richmond est vraiment international, avec ses quelque 1 200 étudiants représentant plus de 100 pays.

Après avoir terminé son secondaire à l’école internationale d’Islamabad, Peters est retourné aux Etats-Unis pour aller au Collège William and Mary. Il n’a pas fait d’étude à l’étranger alors que, après l’obtention du diplôme il est retourné à l’étranger, passant six mois à étudier en Egypte, après quoi il a vécu six mois au Sierra Leone où ses parents travaillaient. Puis il s’est inscrit en troisième cycle à l’université de Chicago. Son étude de la langue arabe et ses recherches pour son doctorat l’ont ramené en Egypte pour trois ans.

Bien que les expériences de Doherty et Peters ne le reflètent pas, il a été indiqué comme aspect négatif le fait que la probabilité des TCK à changer d’instituts alors qu’ils préparent la licence, est supérieure à la moyenne. (Près de la moitié du panel interrogé a fréquenté au moins trois facultés avant l’obtention du diplôme.) Par conséquent, beaucoup ont mis plus de quatre ans avant d’avoir le diplôme.

Les choix de carrière reflètent également l’importance accordée à l’éducation et aux intérêts internationaux: 25 pour cent travaillent dans certaines formes d’institution d’enseignement; la deuxième catégorie qui vient après, est celle des professionnels et des travailleurs indépendants. Un tiers des TCK ont établi leurs propres entreprises, un reflet de la tendance du groupe à être indépendant, flexible, créatif, prêt à prendre des risques. Peu d’entre eux ont travaillé dans le secteur des entreprises ou du gouvernement; ce sont probablement ceux qui préféraient travailler dans le développement, les services de la diplomatie ou autres domaines d’où ils tiraient leurs expériences à l’étranger.

Peut-être plus significatives sont les conclusions indiquant que les TCK apparaissent comme des adultes doués pour résoudre les problèmes et pour servir de médiateur dans des conflits. Ils sont flexibles et s’adaptent aux situations ambiguës, ils peuvent communiquer avec des gens très différents et ils savent beaucoup de chose sur le plan culturel. Beaucoup d’entre eux participent à des activités de bénévolat internationales.
Des TCK adultes rappellent aussi les sentiments douloureux d’isolement et d’adaptation qu’ils ont parfois vécus, le plus souvent indiqués comme choc culturel inverse à leur retour dans leur pays d’origine. Pas étonnant, puisque la plupart de ces souvenirs étaient concentrés autour de leur adolescence. “La plupart des gens au début de l’adolescence ne veulent pas être différents,” dit Peters. “Aussi, le sentiment de ne pas être synchro avec d’autres personnes de votre âge peut être très frustrant.”

Les experts affirment que la meilleure façon de gérer le choc culturel inverse chez les enfants est de les y préparer en parlant avec eux sur ce qu’ils attendent à leur retour au pays.

Un autre inconvénient ressort de la probabilité des TCK à fréquenter la cantine d’une école internationale pour des enfants comme eux. Leur mobilité, combinée à celle des enfants avec qui ils sont probablement amis, peut provoquer des frustrations et des difficultés à établir et maintenir des relations durables avec leurs pairs.
Les écoles internationales présentent toutefois beaucoup d’avantages pour compenser les inconvénients. “Aller dans une école internationale vous expose à de nombreuses valeurs culturelles différentes” affirme Peters. “Là, vous commencez réellement à apprendre sur les principes et valeurs culturels des autres enfants autour de vous.”
Comme Doherty et Peters, la majorité des personnes interrogées à l’enquête de recherche ont rejeté les assertions caractérisant la vie à l’étranger comme une expérience négative.

Peut-être que cette assertion se reflète le mieux dans les résultats où, indépendamment du fait qu’ils aient ou non choisi de vivre à nouveau à l’étranger comme adultes maintenant, la plupart des personnes interrogées ont ressenti leurs expériences d’adolescents comme ayant des effets positifs et durables sur leur éventuel rôle de parents. Les TCK adultes recherchent activement des façons d’exposer leurs enfants à la gamme mondiale de pays et cultures et leur apprennent et modèlent délibérément le message précieux et durable qui montre que les différences entre les gens sont une source de célébration, d’exploration et de respect.

Sites Internet:

  • www.tckworld.com, est un lieu de rencontre où figurent de nombreux articles, des récits, des ressources, des interviews et des liens d’intérêt pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur les expériences des différents types de TCK.
  • www.transition-dynamics.com est un site de consultation au service des entreprises internationales, des écoles et des familles d’expatriés par le biais d’une formation interculturelle. Ce site propose des articles et des informations sur les services disponibles, ainsi que la vente par correspondance de publications et de vidéos.

REBECCA GLICKSBERG SKIPPER écrit d’Egypte, où elle est administrateur à l’université américaine au Caire. Avant de partir au Caire, elle était vice doyenne des étudiants à Richmond L’université américaine Internationale à Londres.

Auteur: Rebecca Glicksberg Skipper
Source:
www.transitionsabroad.com
Publication date: 15th May 2009

 

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