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Expat pris au dépourvu de tous côtés |
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En raison de la récession mondiale, les multinationales réduisent de plus en plus les dépenses en expats. Et les autorités publiques mettent plus souvent des bâtons dans les roues aux personnes qui aspirent à une carrière internationale.
Plus de deux tiers des groupes internationaux prévoient cette année d’envoyer moins d’employés à l’étranger. C’est ce qui ressort d’une enquête internationale du bureau-conseil Brookfield de Londres, effectuée parmi les managers RH de 180 multinationales.
Incertitude
Selon les enquêteurs, ce résultat est "un signe d’incertitude permanente vis-à-vis des perspectives économiques mondiales". Mais c’est également un signe que les entreprises se débattent pour trouver les bons candidats. Qui a envie de partir alors qu’on est dans une période où la chance que le compagnon de voyage, l’ambitieux conjoint, trouve aussi un travail intéressant, est minime?
Peter Janssen, manager HR international de TNT, entreprise de transport express de colis et de documents, reconnaît qu’aux Pays-Bas aussi, diverses entreprises regardent d’un œil critique leur fichier d’expats. "On envisage une plus grande sobriété pour ce qui est des conditions comme les indemnisations de frais de logement, ou une réduction du montant de la prime de déplacement", ajoute Janssen.
Protectionnisme
Les employés sont donc moins souvent envoyés à l’étranger. Ajoutons à cela que, à l’étranger, on n’a plus tellement envie de les voir arriver. Le gouvernement britannique par exemple veut réduire la circulation des migrants qualifiés non européens.
Juste avant que le scandale des révélations britanniques ne lui coûte la tête, la ministre de l’Intérieur Jacqui Smith avait promis d’adapter le système de points permettant de déterminer quels migrants qualifiés non européens peuvent prétendre à un permis de séjour.
Objectif? Réduire le nombre de visas qui, en 2007, avait atteint le record de 164 635.
Venir aux Pays-Bas coûte cher
Bart Maes, avocat du droit du travail et spécialisé en migration internationale du travail, parle d’une tendance qui est actuellement en vogue aux Pays-Bas: étant donné que la pression monte sur le marché de l’emploi, le statut des migrants qualifiés se trouve également sous pression. Il en voit un exemple subtil dans la récente modification de la politique du Service de l’Immigration et de la Naturalisation, l’IND.
Dans une lettre d’information de mars 2009, l’IND a soudain annoncé une majoration de l’indice du critère salarial dans le règlement des migrants qualifiés en cas de demande de prolongation. Un migrant qualifié qui avait un salaire brut de 45 000 euros sous la réglementation de 2004, doit maintenant gagner au moins 4000 euros de plus pour pouvoir prétendre à un renouvellement de son contrat.
"On n’a jamais vu ça avant", dit Maes. "Jusqu’à maintenant, on pouvait tout simplement avoir un renouvellement de contrat avec le même salaire, tant qu’on ne changeait pas d’employeur".
Travailler ou déguerpir
Si l’employeur trouve qu’un migrant qualifié coûte trop cher, ou s’il trouve une autre raison de le licencier involontairement, cela devient très difficile. Dans les trois mois, il faut trouver un autre travail, sinon c’est l’expulsion.
"Alors qu’un Néerlandais au chômage peut attendre tout tranquillement chez lui qu’arrivent les jours meilleurs, le migrant qualifié n’a vraiment pas le temps d’attendre", ajoute Maes.
Partenaires
L’enquête de Brookfield montre que les partenaires des expats aussi se trouvent de plus en plus sous pression. Vu la récession, la chance de trouver un emploi pour le partenaire accompagnant, est réduite au minimum. L’expat s’en trouve influencé dans son travail.
‘La principale raison de l’échec d’une affectation est l’insatisfaction du/de la partenaire’.
Moins d’expats jeunes
Aussi les expats plus jeunes sont les dupes de la situation. Avec 9%, le taux d’employés de moins de trente ans est le plus faible de toutes les enquêtes que Brookfield a menées sur les expats depuis quatorze ans. D’après Janssen, c’est dû au fait que l’on fait surtout l’impasse sur les envois de personnel qui constituent une part des trajets de développement du management.
Bien qu’il insiste sur le fait que ce n’est pas le cas à TNT, parce que le fichier d’expats se limite déjà à des "personnes critiques en des endroits critiques", il trouve que cette tendance sur le marché "n’est pas très intelligente". "Si le marché reprend, vous aurez alors perdu votre talent clé."
Source: Het Financiële Dagblad
Auteur: Ariane Kleijwegt
Date: 10 juin 2009
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