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Le Vietnam: La Chine d’il y a 25 ans?

Le Vietnam apparaît comme un important centre de fabrication pour les entrepreneurs qui veulent défier un pays émergent.

Arian Roefs de Santa Fe reconnaissait en 2005 qu’elle avait un problème: A son lancement, Oots n’avait pas les moyens de faire ses accessoires et vêtements d’enfants aux Etats-Unis. Le Mexique était à proximité, mais Roefs n’y avait pas de contacts. L’Asie semblait trop loin, et elle pensait que le volume de ses commandes, généralement pas plus de 5 000 pièces, serait sûrement trop petit pour intéresser des usines. Mais Roefs a finalement trouvé une fabrique près de Hô-Chi-Minh-Ville au Vietnam qui pouvait faire ses bavoirs de marque pour un cinquième des 15 $ demandés par les producteurs américains.  "Il me faut plus de temps et d’attention pour obtenir un produit bien fait," explique Roefs, dont l’entreprise de deux employés enregistre un chiffre de 100 000 $. "Je l’ai appris par mes homologues vietnamiens."

Le Vietnam jouit d’une réputation relativement nouvelle pour l’externalisation de la fabrication, incitant certains à le comparer à la Chine d’il y a 25 ans. Les salaires du pays peuvent être de moitié par rapport à ceux de pays asiatiques plus grands, et, pour le pire et le meilleur, la réglementation environnementale y est moins stricte. Ces activités effectuées au Vietnam sont exonérées des taxes d’import ou d’export pendant les trois premières années. Les producteurs sont enthousiastes, même pour les petites commandes. 

Cependant, le Vietnam offre ses défis. Avec un produit intérieur brut de quelque 70 milliards de $, l’économie du Vietnam est une fraction de celle de la Chine ou de l’Inde. L’inflation tourne autour de 20% par an, et il y a de plus en plus d’agitation sociale. L’infrastructure est pauvre et les ports sont peu profonds, ce qui fait que les marchandises doivent être expédiées vers un port plus grand pour le transport vers les USA. Et pour couronner le tout, le pays communiste est connu pour sa non transparence et sa corruption, comme certains le disent. "C’est beaucoup plus risqué d’opérer au Vietnam qu’en Inde ou en Chine," dit Usha C.V. Haley, homologue d’Asie à l’Université de Harvard.

Mais pour un entrepreneur perspicace, les obstacles ne sont pas insurmontables. S’informer auprès d’un conseiller local sur le changement rapide de l’environnement légal et réglementaire prendra beaucoup de temps. Le Service Commercial américain (buyusa.gov/vietnam/en) et la Chambre de Commerce USA-Vietnam (usvnchamber.org/index.html) donnent tous les deux des conseils. Un consultant en affaires internationales a suggéré à Roefs d’essayer au Vietnam et il l’a mise en relation avec un courtier. Roefs n’a pas visité l’usine mais elle a demandé des photos, des échantillons, et un essai avant de signer. Elle a maintenant de réguliers contacts par e-mail et par téléphone avec l’agent et les propriétaires d’usine; ils parlent tous anglais. Pendant la phase de production, elle prend contact plusieurs fois par jour. "On s’aperçoit très vite combien ils sont compétents et comme la communication est facile," explique Roefs. Avoir confiance en ses partenaires est crucial, notamment dans un pays émergent.  

Source: www.businessweek.com
Auteur: Jeremy Quittner
Date: le 6 mars


 

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