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Les avantages des expatriés passés au rouleau compresseur

Les avantages des expatriés fondent comme neige au soleil. 'Comprimer' leurs avantages dans les offres de contrats est une tendance apparue il y a plusieurs années et qui prend de l’ampleur en ces temps difficiles, disent des consultants exécutifs de recherche.

Mais les expatriés ne sont pas prêts de partir d’ici, si l’on s’en réfère à l’enquête Expat Economic de HSBC qui indique que la plupart d'entre eux ont ici encore plus de revenus que s'ils retournaient chez eux. La crise du crédit n'a donc pas provoqué de précipitation pour réserver les billets de retour.

Craig Brewer, directeur des services bancaires et financiers à Hudson Global Resources à Singapour, explique: 'Il y a eu une compression spectaculaire du contenu des contrats d’expatriés ces quatre ou cinq dernières années, et à tous les niveaux.'

La crise financière a 'très certainement accentué cette tendance à la baisse’, dit-il, ajoutant que la plupart des banques ont essayé de supprimer progressivement les contrats d’expatriés, et que seuls les expatriés de très haut niveau tel que directeur général, bénéficient encore de gros avantages.

On peut comparer la situation avec celle d’il y a six ou sept ans, où un employé transféré à Singapour était pratiquement sûr de recevoir des indemnités de logement et de voiture, les frais scolaires pour les enfants et des cartes d’adhésion à des clubs, déclare M. Brewer.

Aujourd’hui, seulement 30 pour cent des expatriés ici reçoivent encore de tels avantages, affirme Chia Wee Lee, directeur du cabinet de recherche exécutif local Whitestone Consulting. 'Beaucoup de contrats renouvelés sont transformés en contrats locaux, et maintenant, les indemnités consistent souvent en un paiement unique que les expatriés peuvent dépenser comme ils veulent' explique-t-il.

Les expatriés ont vraiment besoin de gagner plus ici, car le coût de la vie locale est élevé pour eux. 44 pour cent d'entre eux dépensent plus pour le logement que leurs pairs dans d'autres pays, et les frais pour les divertissements et les soins de santé à Singapour dépassent aussi la moyenne mondiale, selon l'enquête HSBC menée entre février et avril.
Dû en partie aux fluctuations des cours, Singapour a grimpé de quelques rangs pour devenir la 10e ville la plus chère du monde pour les expatriés, selon une étude du coût de la vie menée par HR Consultance Mercer en mars. Singapour est également la cinquième ville la plus chère en Asie du Pacifique.

Mais même si les coûts sont élevés et que les avantages offerts sont moins importants ou n’existent plus, 91 pour cent des expatriés interrogés par HSBC n’envisagent pas de retourner chez eux, suite à la crise. Ce taux est supérieur à la moyenne mondiale qui est de 85 pour cent.

Une explication possible à cela, c’est que parallèlement à la compression des indemnités de logement, les loyers se sont assouplis. M. Chia estime que les budgets de société pour les indemnités de logement ont diminué de 20 pour cent.

L'enquête HSBC a également constaté que plus de 75 pour cent des expatriés ont plus de revenus ici que s’ils retournaient chez eux.

Cela pourrait expliquer pourquoi la diminution des avantages d’expatriés n'a pas empêché de remplir les postes à l’étranger. Le faible taux d'imposition à Singapour et la propreté de l’environnement sont toujours des facteurs qui attirent, disent-ils.

Par ailleurs, la disparition des avantages contractuels de l’expatrié n'est pas un phénomène spécifique à Singapour. Hong Kong, l'autre ville dans cette région qui emploie un grand nombre d'expatriés, a vu une compression similaire des avantages des expatriés, avec des avantages bancaires constamment remis à jour dans les salaires de base.

Mark Foo, consultant senior de Executive Search Consultants, affirme que dans la plupart des villes développées, les entreprises multinationales réduisent le contenu des contrats d’expatriés aux conditions locales. Les Singapouriens qui sont par exemple mutés dans des villes en Chine, sont eux aussi affectés par cette tendance, dit-il.

Source: The Business Times
Date de publication: 12 août 2009

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