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Pourquoi les entreprises ne prennent pas les mesures adéquates |
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Une nouvelle enquête menée en décembre 2008 par Booz & Company parmi 828 grands directeurs dans le monde entier, a montré que les entreprises, qu’elles soient financièrement fortes ou faibles, se démènent pour mener une bonne politique stratégique dans le climat économique actuel, avec quelques doutes sur les compétences dont disposent les entreprises pour bien gérer la crise.
Selon l’enquête, 40% des personnes interrogées doutent que leur direction ait un plan crédible pour faire face à la crise économique actuelle, alors qu’un taux un peu plus élevé, 46%, n’est pas sûr que les directeurs au sein de l’entreprise disposent des compétences adéquates pour exécuter le plan, que celui-ci soit crédible ou non. En plus, un tiers de tous les PDG et autres membres du Conseil d’administration n’ont pas confiance dans les plans qu’ils ont probablement écrits eux-mêmes. Par ailleurs, un pourcentage très élevé de grandes entreprises, 65%, ne font pas assez pour assurer leur propre survie, comme par exemple faire de plus gros efforts pour déployer un capital ou sécuriser un financement externe. Parmi les entreprises qui indiquent qu’elles ont une position financière saine, un quart ne profite pas ou pas assez des opportunités pour améliorer leur position dans ce climat de crise.
Tandis que plus de la moitié des directeurs (54%) s’attend à ce que leurs entreprises ressortent plus fortes de la crise, l’enquête trouve que leur optimisme ne cadre pas avec leurs bilans; il y a une discordance entre la position financière/compétitive de beaucoup d’entreprises et leur politique stratégique.
L’enquête Booz & Company a étudié la réaction des directeurs et cadres d’entreprise vis-à-vis de la crise économique mondiale, les mesures qu’ils prennent et l’impact de la crise sur les projets de développement durable. Les personnes interrogées représentaient des entreprises de nombreux grands secteurs industriels. 37% des interrogés étaient des PDG ou des personnes dépendant directement des PDG; 24% avaient un rapport direct avec le Conseil d’administration. Géographiquement, l’enquête a recueilli des réponses de directeurs dans 65 pays.
L’enquête Booz & Company conclut que, dans de nombreux cas, les entreprises ne choisissent pas la stratégie la mieux appropriée à leur situation financière. Booz & Company a classé chaque entreprise interrogée par catégorie: forte (caractérisée par une forte position financière et compétitive), stable (forte financièrement mais faible sur le plan compétitif), persistante (faible financièrement mais forte sur le plan compétitif) ou en régression (faible dans les deux domaines). En se basant sur l’analyse des réponses, Booz & Company en a tiré les conclusions suivantes:
- Alors qu’on pourrait s’attendre à ce que les entreprises qui luttent et persistent ou qui sont en régression, accroissent leurs efforts pour améliorer la position de leurs fonds de roulement, réduire les frais généraux, apporter des améliorations dans les processus et renégocier des offres avec des fournisseurs, il est surprenant de voir que beaucoup ne le font pas. Entre un quart et un tiers des interrogés disent que leurs entreprises ne suivent pas une stratégie plus agressive qu’avant la crise.
- Les entreprises stables et fortes se consacrent plus à réduire leurs coûts et à conserver des liquidités plutôt que de profiter des opportunités pour renforcer leur compétitivité.
- Alors que l’on pensait que les entreprises stables allaient tirer profit de la crise en rachetant des entreprises financièrement faibles mais avec des produits ou des talents convaincants, ou en poursuivant d’autres initiatives de croissance, 21% renoncent aux fusions ou acquisitions. Parmi les entreprises stables, une sur cinq investit moins dans de nouveaux produits ou ralentit même ses activités dans des marchés émergents.
Autres conclusions de l’enquête:
- La récession entrave considérablement les efforts “verts”. L’enquête révèle que 40% des interrogés s’attendent à ce que les initiatives “vertes” et autres mesures de développement durable ralentissent de manière considérable ou soient reportées à cause de la crise économique. Ce ralentissement se fera particulièrement sentir dans le secteur du transport (51%) et de l’énergie (47%), branches dont les mesures ont le plus grand impact sur le bien-être.
- Optimisme trop rose? Malgré la gravité des défis auxquels ils font face, 54% des interrogés pensent que la crise aura finalement un impact positif sur la compétitivité de leurs entreprises. Ce sens de l’optimisme était même plus élevé parmi les directeurs dans les marchés émergents, 59%, comparé aux 53% en Amérique du Nord et 52% en Europe occidentale. Par ailleurs, 75% des directeurs affirment que leur entreprise connaît une situation financière saine et qu’elle n’a pas besoin d’aide du gouvernement; seulement 13% ont dit qu’ils travaillaient pour des entreprises financièrement faibles.
- Scepticisme quant aux compétences de la direction. Parmi les directeurs sous les PDG et les membres du Conseil d’administration, 51% pensent que dans la direction des entreprises, il manque des compétences pour exécuter leurs plans de crise, un point qui semble en conflit avec l’optimisme exprimé par beaucoup d’interrogés.
- Les cadres de la finance sont les seuls à louer les efforts conjugués pour résoudre la crise. 43% des interrogés dans la finance sont d’avis que les entreprises, le gouvernement et les dirigeants syndicaux travaillent ensemble de manière efficace pour stabiliser leur industrie. Le scepticisme au sujet de la collaboration des dépositaires d’enjeux était plus élevé dans le secteur de la santé et pharmaceutique (56% voient les efforts d’un œil critique), télécommunications et média (42%) et transport et services commerciaux (41%).
Booz & Company pense que, pour bien examiner d’un œil critique l’impact de la crise sur leur société, les grands directeurs doivent prendre en considération dans leur vision du monde, trois étapes de restructuration de crise:
- Etudier avec précision le climat économique et la position de la société dans ce climat. L’auto diagnostique permettra de mettre un terme au cycle des mesures stratégiques inappropriées.
- Etablir un bon plan, qui prévoit assez mais pas trop, alors qu’il n’y a pas beaucoup de temps et que les ressources peuvent diminuer dans une crise. Identifier un cadre limité d’initiatives directes ayant un potentiel pour faire rapidement la différence.
- Communiquer et exécuter, ce qui est vital pour regagner la confiance de tous les dépositaires d’enjeux, aussi bien la confiance des directeurs sceptiques que celle des actionnaires peu disposés à courir des risques.
Source: www.bootz.com
Date de publication: 30-01-2009
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